Bonjour à tous !
J’avais dessiné ce projet de dos complet avec une idée assez précise en tête : quelque chose qui se porte presque comme un bijou. Pas un motif posé au milieu du dos, mais une composition qui accompagne vraiment les épaules, la colonne, les omoplates et toute la silhouette.
Le projet est en noir et gris et s’inspire beaucoup de l’univers d’Édouard Bisson, avec ses figures féminines très douces, ses drapés, ses fleurs et cette façon très Belle Époque de faire circuler le mouvement dans toute l’image.
Édouard Bisson comme point de départ
Je connaissais surtout Bisson pour ses figures féminines très aériennes. Il y a quelque chose de beaucoup plus doux que chez Mucha, moins graphique parfois, mais énormément de mouvement dans les drapés et les compositions.

Je ne voulais pas reproduire un tableau existant. J’ai donc construit une illustration originale en gardant surtout cette sensation de légèreté et de mouvement.
Le dos n’est vraiment pas une feuille blanche
C’est une grande surface, oui, mais elle est loin d’être plate. Les omoplates bougent, la colonne crée un axe très fort, les épaules changent complètement l’équilibre selon la posture. Tout le projet doit donc être pensé autour de ces volumes.
C’est exactement pour ça que j’aime les dos complets : on a suffisamment d’espace pour construire une vraie image, mais le corps oblige quand même à prendre des décisions très précises.
Pourquoi je parle de tatouage comme d’un bijou
Un bijou prend vraiment son sens une fois porté. Il suit une silhouette, il bouge avec la personne et la lumière change sa présence. Pour moi, un grand tatouage devrait fonctionner un peu de la même manière.

Je ne veux pas qu’on ait l’impression qu’une grande illustration a été simplement collée sur le dos. Je veux que les lignes donnent l’impression d’avoir été pensées pour cette morphologie précise.
Pourquoi ce projet est en noir et gris
Pour ce dessin précis, le noir et gris me paraissait beaucoup plus juste. J’avais envie d’un rendu proche d’une illustration ancienne, entre la gravure, le dessin et quelque chose de presque textile dans les ornements.

La couleur aurait complètement changé l’intention. J’ai d’ailleurs imaginé un autre projet dans un univers proche, mais cette fois entièrement en couleur, justement parce que je voulais explorer l’autre direction sans mélanger les deux.
Vous pouvez le voir dans mon article Orner le corps : le tatouage comme parure.
Un projet qui demande forcément plusieurs séances
Un dos complet ne se fait pas en une journée. Il faut avancer par zones, laisser la peau cicatriser entre les séances et surtout garder une vraie cohérence entre le début et la fin du projet.
C’est aussi pour ça que le feeling avec le tatoueur compte énormément sur ce type de pièce. On va passer beaucoup d’heures ensemble, parfois sur plusieurs mois. J’ai consacré un article entier à la façon dont je choisirais un tatoueur pour ce type de projet.
Et si vous aimez surtout la partie composition, j’explique aussi plus largement comment je construis mes tatouages Art nouveau.
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