Bonjour à tous !
En 2014, j’avais quinze ans et Jeff Gogue était surtout, dans ma tête, un ami de mes parents qui venait faire un séminaire à Avignon. C’est assez drôle à écrire aujourd’hui, parce que je me suis rendu compte beaucoup plus tard de la place qu’il avait dans le tatouage et surtout de tout ce que j’avais eu la chance de voir sans vraiment le mesurer sur le moment.
Grandir dans ce milieu a souvent ressemblé à ça. Mon père organisait des séminaires avec des tatoueurs comme Nikko Hurtado, Shane O’Neill, Joe Capobianco ou Jeff Gogue, et moi je les voyais surtout comme des gens qu’on retrouvait en convention ou qui passaient dans notre entourage. La notoriété mondiale, je l’ai comprise après.

Trois jours à le regarder travailler
Le séminaire avait lieu chez Graphicaderme dans le cadre de Tatouage & Partage. Jeff parlait de son processus, de peinture, de références et de la façon dont il construisait ses images. Son univers mélange énormément de choses : du japonisant, du néotraditionnel, des figures féminines, des références à Mucha… mais sans jamais donner l’impression d’avoir collé plusieurs styles ensemble.

À quinze ans, je ne retenais évidemment pas toutes les explications techniques. Mais il y a une phrase qui m’est restée : cette idée qu’on peint par amour, avant la technique ou l’ambition. Sur le moment, je l’avais trouvée belle. Des années plus tard, elle a beaucoup plus de sens.
Ce que j’ai compris beaucoup plus tard
Quand j’ai commencé moi-même à tatouer et à chercher ce qui me plaisait vraiment, certaines choses que j’avais vues pendant ces années sont revenues assez naturellement. Notamment cette idée qu’on peut mélanger plusieurs références à condition que la composition soit assez forte pour les tenir ensemble.
Je pense que mon goût pour la couleur, Mucha, les images très construites et les univers qui ne rentrent pas parfaitement dans une case vient aussi un peu de là, même si je ne pourrais évidemment pas réduire tout ça à un seul séminaire.

Voir le processus plutôt que seulement le résultat
C’est probablement le point commun avec le séminaire de Shane O’Neill auquel j’ai participé ensuite : ce qui est intéressant, ce n’est pas seulement de regarder un très beau tatouage terminé. C’est de voir tout ce qui arrive avant.
Les références choisies, les hésitations, les changements, la manière de simplifier une image et de penser le corps. Quand on ne voit que la photo finale, on oublie facilement tout ce travail invisible.



C’est aussi ce que je retrouve aujourd’hui dans ma propre façon de travailler. J’en parle plus précisément dans mon article sur la construction de mes compositions Art nouveau.
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