Art Nouveau, tatouage et composition : comment je travaille

4 min de lecture
Tamara Chaudesaigues tatoueuse à Avignon en train de travailler, illustration de son identité artistique en tatouage et de son univers visuel.

Bonjour à tous !

Quand on me parle de mes tatouages Art nouveau, on me parle souvent des fleurs, des femmes, des courbes ou de Mucha. Mais ce qui m’intéresse vraiment dans ce style, ce n’est pas seulement le sujet. C’est surtout la manière dont tout est construit.

Avant de choisir une fleur, une palette ou un visage, je pense d’abord à la composition. Où est la masse principale ? Où l’œil va-t-il aller en premier ? Où est-ce qu’on laisse respirer la peau ? C’est exactement comme en graphisme ou en webdesign : si la structure ne tient pas, on peut ajouter tous les beaux détails qu’on veut, ça ne fonctionnera jamais vraiment.

Je commence toujours par la structure

Sur un grand projet, je cherche d’abord la ligne générale. Le corps n’est pas une feuille de papier : un bras tourne, un dos bouge, une cuisse change complètement selon la position. Une composition doit accompagner ces volumes plutôt que simplement se poser dessus.

Je regarde donc comment le dessin va être vu de face, de côté, en mouvement, et surtout ce qu’il va rester de lisible quand on ne se trouve pas à vingt centimètres du tatouage.

Ce que l’Art nouveau m’apporte

J’aime énormément l’Art nouveau parce que tout y est mouvement. Les lignes passent d’un élément à l’autre, les cheveux deviennent presque des ornements, les fleurs servent à guider le regard et les vides comptent autant que les zones dessinées.

Tamara Chaudesaigues en train de dessiner une composition directement sur un dos

Je ne cherche pas à reproduire l’Art nouveau comme un décor historique. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt d’utiliser cette logique pour construire une image qui fonctionne sur le corps aujourd’hui.

C’est exactement ce que j’ai fait sur le dos au paon en couleur ou sur mes projets inspirés d’Alphonse Mucha.

Je préfère enlever plutôt qu’ajouter

J’ai tendance à beaucoup simplifier pendant la construction. Une première esquisse peut contenir trop d’idées, trop de détails ou trop d’ornements, et ce n’est pas grave. Le vrai travail consiste souvent à comprendre ce qu’on peut retirer sans perdre l’image.

L’espace vide fait vraiment partie de la composition. Il permet au tatouage de respirer, mais il lui donne aussi beaucoup plus de chances de rester lisible dans le temps.

C’est d’ailleurs l’une des choses que j’explique aussi dans mon article sur le vieillissement des tatouages en couleur.

Le motif vient finalement assez tard

Je peux travailler avec une femme, un oiseau, des fleurs ou un portrait, mais ce n’est jamais vraiment le sujet qui décide si le tatouage sera fort. C’est la façon dont tous ces éléments sont organisés ensemble.

C’est aussi probablement pour ça que le tatouage et le webdesign se mélangent si facilement dans ma tête aujourd’hui. Dans les deux cas, je commence par la hiérarchie, les proportions, les espaces et le rythme avant de m’occuper des détails.

Et finalement, c’est exactement ce que j’aime : construire une image qui paraît évidente une fois terminée, alors qu’on a passé beaucoup de temps à décider ce qu’il fallait enlever, déplacer ou laisser vide.

PAR
Tamara
Chaudesaigues

Bienvenue ! Moi, c’est Tamara, webdesigner et fondatrice de Minuit d’Orsay à Paris. Sur ce blog, je partage mes looks, les produits de beauté que j’utilise, mes découvertes et les adresses où je retourne. Il y a aussi mes photographies, les expositions que je visite, mes voyages — souvent à Londres — et les projets qui occupent mes journées. Le design et le tatouage font partie de mon parcours et de ce que je raconte ici. Vous trouverez mes avis, mes essais et les détails que j’ai envie de garder et de partager avec vous.

À lire également

Commentaire sur 0

Sois la première personne à laisser un commentaire.

Ajouter un commentaire

Ton adresse e-mail ne sera pas publiée.

Me contacter

Nom
Ville souhaitée