Bonjour à tous !
Quand on me parle de mes tatouages Art nouveau, on me parle souvent des fleurs, des femmes, des courbes ou de Mucha. Mais ce qui m’intéresse vraiment dans ce style, ce n’est pas seulement le sujet. C’est surtout la manière dont tout est construit.
Avant de choisir une fleur, une palette ou un visage, je pense d’abord à la composition. Où est la masse principale ? Où l’œil va-t-il aller en premier ? Où est-ce qu’on laisse respirer la peau ? C’est exactement comme en graphisme ou en webdesign : si la structure ne tient pas, on peut ajouter tous les beaux détails qu’on veut, ça ne fonctionnera jamais vraiment.



Je commence toujours par la structure
Sur un grand projet, je cherche d’abord la ligne générale. Le corps n’est pas une feuille de papier : un bras tourne, un dos bouge, une cuisse change complètement selon la position. Une composition doit accompagner ces volumes plutôt que simplement se poser dessus.
Je regarde donc comment le dessin va être vu de face, de côté, en mouvement, et surtout ce qu’il va rester de lisible quand on ne se trouve pas à vingt centimètres du tatouage.
Ce que l’Art nouveau m’apporte
J’aime énormément l’Art nouveau parce que tout y est mouvement. Les lignes passent d’un élément à l’autre, les cheveux deviennent presque des ornements, les fleurs servent à guider le regard et les vides comptent autant que les zones dessinées.

Je ne cherche pas à reproduire l’Art nouveau comme un décor historique. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt d’utiliser cette logique pour construire une image qui fonctionne sur le corps aujourd’hui.
C’est exactement ce que j’ai fait sur le dos au paon en couleur ou sur mes projets inspirés d’Alphonse Mucha.
Je préfère enlever plutôt qu’ajouter
J’ai tendance à beaucoup simplifier pendant la construction. Une première esquisse peut contenir trop d’idées, trop de détails ou trop d’ornements, et ce n’est pas grave. Le vrai travail consiste souvent à comprendre ce qu’on peut retirer sans perdre l’image.
L’espace vide fait vraiment partie de la composition. Il permet au tatouage de respirer, mais il lui donne aussi beaucoup plus de chances de rester lisible dans le temps.
C’est d’ailleurs l’une des choses que j’explique aussi dans mon article sur le vieillissement des tatouages en couleur.
Le motif vient finalement assez tard
Je peux travailler avec une femme, un oiseau, des fleurs ou un portrait, mais ce n’est jamais vraiment le sujet qui décide si le tatouage sera fort. C’est la façon dont tous ces éléments sont organisés ensemble.
C’est aussi probablement pour ça que le tatouage et le webdesign se mélangent si facilement dans ma tête aujourd’hui. Dans les deux cas, je commence par la hiérarchie, les proportions, les espaces et le rythme avant de m’occuper des détails.
Et finalement, c’est exactement ce que j’aime : construire une image qui paraît évidente une fois terminée, alors qu’on a passé beaucoup de temps à décider ce qu’il fallait enlever, déplacer ou laisser vide.
Commentaire sur 0
Sois la première personne à laisser un commentaire.