Bonjour à tous !
Alphonse Mucha fait partie des artistes auxquels je reviens tout le temps. Même quand je ne travaille pas directement à partir de l’une de ses œuvres, je retrouve dans mes tatouages beaucoup de choses que j’aime chez lui : les lignes qui circulent, les figures féminines très présentes, les cheveux, les fleurs et cette façon de construire une image où presque tout semble relié.
Et surtout, ses compositions se transposent vraiment bien sur le corps. Ce n’est pas simplement parce que “l’Art nouveau est joli en tatouage”. Il y a une logique de construction derrière qui correspond très bien aux contraintes de la peau.
Chez Mucha, rien n’est vraiment isolé
Quand on regarde ses affiches, les personnages ne flottent pas seuls au milieu d’un fond vide. Les cheveux, les vêtements, les fleurs, les cadres et les ornements prolongent les figures et permettent à l’œil de passer d’une zone à l’autre.
Sur un bras ou dans un dos, c’est particulièrement utile. On peut utiliser ces lignes pour accompagner un muscle, contourner une articulation ou faire tourner une composition sans avoir l’impression de juxtaposer plusieurs images.
C’est ce que j’ai notamment travaillé sur le bras complet de Thomas inspiré de Mucha.
La douceur n’empêche pas une image d’être forte
J’aime aussi beaucoup le fait que son univers puisse être très doux sans devenir fade. Les figures ont une vraie présence, mais les lignes restent fluides et les palettes peuvent être beaucoup plus subtiles que dans un tatouage très saturé.
C’est quelque chose que je cherche souvent dans mon travail : ne pas confondre force et quantité. On peut avoir une composition très présente sans remplir chaque centimètre de peau ni utiliser la couleur la plus intense partout.
La palette fonctionne particulièrement bien sur les grands projets
Les verts patinés, les roses plus poudrés, les bleus et les tons chauds que l’on retrouve dans cet univers permettent de construire des palettes assez riches tout en gardant une sensation cohérente.
Sur un bras complet, c’est intéressant parce qu’on peut reprendre certaines couleurs à plusieurs endroits et créer un vrai fil conducteur entre des pièces réalisées à des moments différents.
Évidemment, une palette doit aussi être adaptée à la peau et au projet. J’en parle plus largement dans mon article sur ma façon d’utiliser la couleur en tatouage.
Et surtout, Mucha pensait déjà en composition
C’est probablement la raison principale pour laquelle je reviens autant à lui. Ses œuvres ne sont pas simplement une addition de jolis éléments. Tout est hiérarchisé, les masses sont équilibrées et les espaces vides ont autant d’importance que les détails.
Ce sont exactement les questions que je me pose quand je prépare un grand tatouage : qu’est-ce qu’on voit en premier ? Où est-ce que la peau doit respirer ? Comment le regard circule ? Est-ce que l’image fonctionne encore quand on la voit à deux mètres ?
J’ai consacré un article entier à cette façon de construire mes compositions Art nouveau, parce que finalement le motif n’est qu’une partie du travail.
Commentaire sur 0
Sois la première personne à laisser un commentaire.