Bonjour à tous !
J’ai commencé le tatouage avec une vraie attirance pour le noir et gris. J’aime toujours énormément la douceur des ombrages, les contrastes plus discrets et cette façon de construire une image avec très peu de choses.
Mais avec les années, la couleur a pris de plus en plus de place dans mon travail. Au départ assez timidement, puis sur des projets de plus en plus grands, jusqu’aux dos complets et aux bras entiers. Aujourd’hui, je crois que c’est devenu l’une des parties que je préfère vraiment explorer.
Le noir et gris reste ma base
Je ne vois pas la couleur comme un remplacement du noir et gris. Pour moi, le noir m’a appris énormément de choses sur la lumière, la profondeur, le contraste et surtout sur le fait de ne pas avoir besoin de tout remplir.
Quand une composition fonctionne déjà en noir, elle a souvent une structure solide. Et c’est exactement cette base que j’essaie de garder lorsque j’ajoute ensuite de la couleur.
Avec la couleur, je me rapproche davantage de la peinture
C’est probablement ce que j’aime le plus. La couleur me permet de penser davantage en ambiance, en matière et en équilibre entre plusieurs tons. Certaines zones peuvent être très présentes, d’autres beaucoup plus douces, presque transparentes.
Je ne cherche pas forcément à mettre le plus de couleurs possible dans une pièce. Au contraire, j’aime quand la palette reste cohérente et que chaque couleur a une vraie raison d’être là.
C’est particulièrement vrai dans les projets inspirés de Mucha ou de l’Art nouveau, où la couleur peut très vite prendre le dessus sur tout le reste si la composition n’est pas solide dès le départ.
La peau change forcément le résultat
Une couleur sur papier, sur écran et sur peau ne réagit jamais exactement de la même manière. Le teint, la zone, la façon dont la peau cicatrise et ensuite le temps vont tous modifier le rendu.
C’est aussi pour ça que j’essaie de penser les projets pour leur vie après la séance, pas uniquement pour la photo prise juste après. J’ai développé ce sujet dans mon article sur le vieillissement des tatouages en couleur.
Le prix couleur à Avignon a confirmé cette direction
En 2025, j’ai reçu un prix en tatouage couleur à la Convention d’Avignon. Évidemment, ça m’a fait très plaisir, mais surtout parce que la couleur avait justement pris énormément de place dans mon travail au cours des années précédentes.
Je crois que ce prix m’a surtout confirmé que j’avais envie de continuer à aller dans cette direction, sans abandonner le noir et gris pour autant. Les deux me servent aujourd’hui de manière différente selon les projets.
Je choisis vraiment selon l’image
Il y a des projets qui me paraissent évidents en noir et gris, et d’autres que je n’arrive pas à imaginer autrement qu’en couleur. Je ne cherche pas à imposer une formule fixe, parce que ça enlèverait justement tout l’intérêt du travail.
Ce qui reste constant, c’est la structure : une composition claire, des zones qui respirent et une image qui fonctionne sur le corps avant même qu’on commence à parler de palette.
Si cette partie vous intéresse, j’ai aussi détaillé ma manière de construire une composition Art nouveau.
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