Bonjour à tous !
Si vous connaissez un peu mon histoire, vous savez déjà que mon prénom vient de Tamara de Lempicka. J’ai grandi avec cette référence autour de moi bien avant de réellement comprendre son travail, puis avec les années je me suis évidemment mise à regarder ses tableaux autrement.
J’aime énormément les femmes qu’elle peint : très élégantes, très présentes, parfois presque froides, mais jamais fragiles. À un moment, j’ai eu envie de voir ce que cet univers pouvait devenir sur la peau, sans simplement faire un petit clin d’œil à Lempicka.
C’est comme ça qu’est né ce projet de bras complet.
Au départ, il devait aussi y avoir Degas
Le premier projet mélangeait Madame Boucard de Tamara de Lempicka avec une œuvre de Degas. Sur le papier, j’aimais beaucoup l’idée. Mais en avançant, quelque chose ne fonctionnait plus vraiment.
On était partis sur du noir et gris, et j’ai trouvé que Degas perdait justement ce qui faisait une grande partie de sa force. Ses tableaux vivent énormément par la couleur. Sans elle, le mélange avec Lempicka devenait beaucoup moins évident.
On a donc fait quelque chose que je trouve toujours important dans un grand projet : on a accepté de changer d’idée. Le bras resterait entièrement autour de Tamara de Lempicka.
Construire un bras entier sans aligner des tableaux
Le plus gros enjeu était là. Je ne voulais pas simplement empiler plusieurs portraits les uns sous les autres. Il fallait que chaque œuvre puisse fonctionner seule, mais que le bras garde quand même une vraie cohérence quand on le regarde dans son ensemble.
Le placement, la taille des visages, les zones de respiration et la manière dont les images se répondent comptent énormément. Un bras tourne autour du corps, donc on ne voit jamais toutes les pièces parfaitement de face au même moment.

Et puis il y a eu Margot
Avec Margot, on ne se connaissait pas au départ. Très vite, on s’est rendu compte qu’on venait du même coin dans la Drôme et qu’on avait plusieurs connaissances en commun. Le genre de détail qui rend tout de suite les longues séances beaucoup plus naturelles.
Et surtout, le projet avait déjà une résonance pour elle : sa mère avait peint Madame Boucard. Je l’ai découvert pendant la séance et j’ai trouvé ça assez fou, parce que cette image que j’avais envie de tatouer depuis longtemps faisait déjà partie de son histoire à elle.
J’ai raconté plus précisément cette première pièce dans mon article consacré au tatouage de Madame Boucard.
Un projet qui se construit vraiment dans le temps
Un bras complet demande forcément de la patience. Il faut avancer séance après séance, garder la direction du projet en tête et accepter qu’il reste parfois plusieurs mois dans un état intermédiaire avant que tout commence vraiment à se répondre.
C’est aussi ce que j’aime dans les grosses pièces. On voit progressivement le corps changer, la composition se fermer et l’idée de départ devenir beaucoup plus réelle.
Ce projet reste très lié à mon histoire personnelle avec Tamara de Lempicka, mais il est aussi devenu complètement celui de Margot. Et finalement, c’est probablement ce que je préfère : partir d’une référence très précise et voir comment elle finit par appartenir totalement à la personne qui la porte.
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