Bonjour à tous !
Ce projet est une bonne preuve qu’un dessin n’a pas besoin de faire des centaines de likes pour trouver la bonne personne. J’avais publié sur Instagram une proposition de bras complet en couleur inspiré de Mucha. La publication n’avait rien de spectaculaire en termes de chiffres et je m’étais dit que le projet resterait probablement dans mes dessins.
Puis Thomas m’a écrit. Il vivait à Paris, il avait vu le projet et il voulait le faire. Quelques échanges plus tard, il prenait le train pour venir commencer ce bras avec moi.


Un bras qui s’est construit sur beaucoup de séances
Thomas fait presque deux mètres, donc forcément la surface à travailler était assez impressionnante. Le projet s’est construit lentement, avec de nombreuses séances, dont deux journées complètes pendant une convention à Marseille.
C’est ce que j’aime dans les bras complets : au début, on voit surtout des zones séparées. Puis petit à petit les éléments commencent à se répondre, les couleurs reviennent d’une pièce à l’autre et l’ensemble finit par devenir beaucoup plus cohérent que chaque tatouage pris seul.

Pourquoi Mucha fonctionne aussi bien sur un bras
Chez Mucha, les personnages sont rarement isolés dans un rectangle très rigide. Les cheveux, les fleurs, les vêtements et les ornements prolongent les figures et permettent au regard de circuler. Sur un bras, cette logique est vraiment intéressante parce qu’elle permet de tourner autour du volume sans avoir l’impression d’aligner des images.
Je ne voulais pas reproduire une affiche de Mucha telle quelle. Je cherchais plutôt cette sensation : des figures très présentes, une composition fluide et une palette assez douce pour rappeler davantage une peinture qu’un tatouage très saturé.
J’explique d’ailleurs plus précisément pourquoi ses compositions se transposent aussi bien sur la peau.
Des couleurs douces, mais pas fragiles
Sur ce bras, j’ai beaucoup travaillé avec des verts un peu patinés, des roses, des bleus plus doux et des tons qui se répondent d’une zone à l’autre. Je voulais garder de la profondeur sans perdre ce côté légèrement ancien qui me plaît chez Mucha.
La difficulté, c’est justement de ne pas tout pousser au maximum. Une couleur peut être présente sans être criarde, et je trouve même que les grandes pièces gagnent souvent en élégance quand certaines zones restent beaucoup plus calmes.
Et finalement, il suffisait vraiment d’une personne
Je repense souvent au début de ce projet parce que je regardais surtout les chiffres de la publication en me disant qu’elle n’intéressait personne. Alors qu’en réalité, elle avait juste besoin d’être vue par Thomas.
C’est assez rassurant à garder en tête quand on crée : tous les projets n’ont pas besoin de plaire à énormément de monde. Parfois il suffit qu’une seule personne ait exactement la même envie que vous.
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