Il y a des projets qui demandent une forme de fidélité. Pas seulement du temps, mais une vraie envie de revenir, pour construire quelque chose qui ne se révèle pas immédiatement. Et il faut parfois beaucoup de session de tatouage pour ça.
Une bouteille à la mer
Je publie souvent des projets comme ça. Une idée, une direction artistique, une image lancée sans trop savoir ce qu'elle va devenir. On est dans un monde de likes, de partages, de chiffres qui donnent l'impression que si ça ne fait pas 200 réactions ça n'existe pas. Alors on regarde. 20 likes. On se dit bon... ça partira jamais.


Mais il suffit d'une personne. Pas vingt, pas quarante. Une. Un bras. Thomas.
De Paris à Avignon
Thomas vient de Paris. Il avait donc vu sur Instagram ma proposition de ce bras complet inspiré de Mucha, publiée comme une idée ouverte. Il m'a écrit rapidement, puis il a pris le train jusqu'à Avignon pour commencer ce projet. Franchement j'y croyais pas. Mais il est venu, est autant vous dire qu'on à un paquet de séance derrière nous.

Depuis, le bras se construit lentement. Beaucoup de séances au studio, deux jours complets pendant la convention de Marseille, puis bientôt le projet touchera à sa fin.
Petit détail : Thomas fait presque deux mètres, alors forcément, un projet comme celui-là prend une autre ampleur. La peau devient un espace plus vaste, plus exigeant aussi.
Ce que j'aime chez Mucha
Ce que j'aime dans l'univers de Mucha, ce n'est pas uniquement l'esthétique. C'est la manière dont tout semble naturellement fluide. Les figures ne paraissent jamais figées. Les ornements prolongent les lignes du corps. Rien ne cherche à être démonstratif. C'est aussi ce qui nourrit mon approche du tatouage Art Nouveau, où la composition accompagne toujours le mouvement du corps.
Pour ce bras, l'idée n'était pas de reproduire une affiche ou de copier un style. Je voulais retrouver une sensation. Quelque chose de doux, presque ancien, avec des couleurs qui rappellent davantage une peinture qu'un tatouage classique.
La palette de couleur
Des verts légèrement passés, des roses poudrés, des bleus très doux. Des nuances qui prennent leur place progressivement. Ce type de couleur demande du temps, parce qu'il faut construire la profondeur sans perdre la légèreté.
De longues séance
Chaque séance apporte une nouvelle lecture du projet. Une partie révèle la suivante. Certaines zones restent ouvertes pendant plusieurs semaines avant de trouver leur équilibre. C'est souvent le cas sur les grands projets de tatouage, où l'ensemble se construit progressivement plutôt qu'en une seule étape.

C'est peut-être ce que j'aime le plus dans les grands projets : cette impression qu'ils ne se dévoilent jamais entièrement d'un coup. Ils se construisent comme une histoire que l'on écrit lentement, avec confiance, patience et une vraie envie d'aller jusqu'au bout.
Un article consacré à ce projet est également disponible sur le site du studio Graphicaderme, où je réalise régulièrement des compositions Art Nouveau et des grands projets couleur.
Oui, c'est un format que je propose régulièrement. Chaque projet est pensé en fonction de la morphologie et des envies. Pour en discuter, le mieux est de passer par le formulaire de contact ou de m'écrire sur Instagram.
Ça dépend de beaucoup de choses, la taille du bras, la complexité du projet, la façon dont la peau cicatrise. Sur un projet comme celui de Thomas, on parle de nombreuses séances réparties sur plusieurs mois. C'est un engagement dans le temps, pas une décision à prendre à la légère.
Oui, je participe régulièrement à des conventions, notamment celle d'Avignon, Marseille, et le Cantal Ink The Skin à Chaudes-AIgues. Il est possible de continuer un projet en cours ou d'en commencer un nouveau. Les dates sont annoncées sur Instagram et sur le blog.
Tout à fait, une grande partie de ma clientèle vient de Paris, Lyon, Marseille ou de l'étranger. Le studio Graphicaderme est à Avignon, facilement accessible en train.
Via le formulaire de contact ou directement sur Instagram.