Aujourd’hui, je voulais vous montrer un projet un peu différent de ceux que je présente habituellement ici. Bureau 37 est une bibliothèque en ligne consacrée au graphisme, à la typographie et à la photographie.
Le client est anglais et basé à Londres, tandis que j’ai conçu le site depuis Paris avec Minuit d’Orsay.
Minuit d’Orsay possède désormais aussi une adresse à King’s Cross, au 344–354 Gray’s Inn Road. Cette présence à Londres correspond à la direction que je souhaite donner au studio. Bureau 37 est le premier projet anglais que je présente ici, et j’espère évidemment qu’il y en aura d’autres.

Une bibliothèque visuelle basée à Londres
Bureau 37 réunit des affiches, des livres, des pochettes de disques, des enseignes, des photographies, des vêtements et toutes sortes d’images trouvées au fil du temps. Ce n’est pas un portfolio classique et ce n’est pas non plus un magazine. L’idée était de construire un endroit dans lequel les designers, les étudiants et les personnes qui s’intéressent à l’image puissent chercher une référence précise ou, au contraire, tomber sur quelque chose qu’ils n’étaient pas venus chercher.
Si vous utilisez des plateformes comme Savee ou si vous passez du temps sur Awwwards, vous voyez assez vite le principe : on vient chercher des images, des idées de mises en page, des couleurs ou une typographie, puis on finit souvent beaucoup plus loin que prévu. Bureau 37 appartient à cette famille de banques d’images et de références, mais avec une sélection plus personnelle. Ce n’est pas un flux alimenté par tout le monde ni un palmarès de sites. Chaque élément est choisi, renseigné et replacé dans un ensemble qui assume le regard de la personne derrière la collection.
Quand une collection contient autant de formats et de sujets différents, le site doit donner de l’ordre sans rendre l’ensemble rigide. Il fallait conserver le plaisir de regarder les images tout en permettant de comprendre rapidement où l’on se trouve. Une affiche de concert, une identité graphique ou une photographie de rue ne racontent pas la même chose, mais elles devaient pouvoir cohabiter sur la même page.

Laisser les images prendre la place
Le choix d’un fond blanc s’est imposé assez vite. Les références sont déjà très différentes les unes des autres, avec beaucoup de couleurs, de textes et de compositions. Ajouter un décor autour aurait surtout créé du bruit. La page d’accueil repose donc sur une grille libre et de grandes images. À chaque nouvelle visite, leur ordre change. On ne retrouve jamais tout à fait la même page, ce qui correspond bien à la manière dont on consulte une collection visuelle : on revient, on regarde autrement et un détail que l’on n’avait pas remarqué la première fois finit par ressortir.
La typographie reste volontairement lisible et directe. Elle accompagne les images, donne les informations nécessaires et organise la navigation sans chercher à devenir un effet supplémentaire. J’avais beaucoup aimé la manière dont Fraser Muggeridge parle des lettres, des systèmes et des références graphiques dans sa formation Domestika. Son travail m’a appris à regarder la typographie avec davantage d’attention, mais Bureau 37 devait garder sa propre logique. Il ne s’agissait pas de reprendre l’univers d’un autre studio : la référence m’aide à réfléchir, puis le projet trouve sa forme en fonction de son contenu.


Un index pour réellement utiliser la collection
La grille donne envie de parcourir le site, mais elle ne suffit pas lorsqu’on cherche quelque chose de précis. J’ai donc organisé un index qui permet d’explorer les références par format, sujet, approche graphique et couleur. Ce travail est moins spectaculaire qu’une page d’accueil, pourtant c’est probablement la partie la plus importante du projet. Une bibliothèque peut être très belle ; si personne ne retrouve rien dedans, elle devient rapidement pénible à utiliser.
Chaque référence possède également sa propre page avec une grande image, une courte description et les informations disponibles sur sa source. Les auteurs sont crédités lorsqu’ils sont identifiés. Cette précision comptait particulièrement pour une collection qui rassemble le travail de nombreux designers, artistes et photographes : Bureau 37 montre ces images, mais ne prétend pas en être l’auteur.
Concevoir aussi pour le téléphone
Une grande grille fonctionne facilement sur un écran d’ordinateur. Sur un téléphone, la question devient plus délicate : les images doivent rester assez grandes pour être regardées, les titres doivent être lisibles et l’index ne peut pas se transformer en une succession interminable de filtres. J’ai donc travaillé la version mobile en même temps que le reste du site, plutôt que de la traiter une fois le desktop terminé. Le projet a ensuite été développé sur WordPress afin que la collection puisse continuer à grandir et que de nouvelles références soient ajoutées sans devoir reconstruire les pages.

Un premier projet anglais pour Minuit d’Orsay
Ce projet compte beaucoup pour moi parce qu’il montre assez simplement la façon dont je veux développer Minuit d’Orsay : travailler depuis Paris, continuer à construire des projets en France et ouvrir aussi le studio à Londres. Une collaboration à distance ne change pas l’essentiel. Il faut poser les bonnes questions, comprendre comment le client utilisera réellement son site et construire un système qu’il pourra faire vivre après la mise en ligne.
Pour Bureau 37, j’ai réalisé la conception du site, le webdesign, l’organisation des contenus, la version mobile et le développement WordPress. Vous pouvez voir le résultat directement sur digitaldesignstudio.co.uk et retrouver la fiche complète du projet sur Minuit d’Orsay. Si vous développez un studio, une collection, un lieu ou un projet éditorial et que vous avez besoin d’un site capable d’organiser beaucoup de contenus sans effacer leur personnalité, vous pouvez aussi me parler de votre projet.
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