Fraser Muggeridge : une référence du graphisme londonien contemporain

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Monogram Logo Vol. 2 et Abstract Logo Vol. 3 de Counter-Print, deux références découvertes via Fraser Muggeridge.

Si vous vous intéressez au graphisme à Londres, Fraser Muggeridge fait partie des noms à connaître. Son studio est installé dans la ville depuis le début des années 2000 et travaille entre édition, institutions culturelles, musique, livres d’artistes, affiches, identités et sites internet.

Ce qui le rend intéressant, ce n’est pas un style facile à résumer en trois mots. C’est plutôt une manière très précise de travailler le texte, les lettres, le format, le papier et la fabrication. Ses projets peuvent être très différents les uns des autres, mais ils gardent une présence commune. C’est là que la notion de signature devient intéressante.

Un nom installé dans le paysage graphique londonien

Fraser Muggeridge Studio a été fondé à Londres en 2001. Depuis, le studio travaille principalement avec des artistes, des auteurs, des galeries, des éditeurs et des institutions culturelles. Cette proximité avec le monde de l’art et de l’édition explique beaucoup de choses dans sa façon de concevoir un projet.

Le travail ne se limite pas au logo ou à une mise en page isolée. On retrouve des catalogues d’exposition, des affiches, des livres, des identités, des pochettes, des titres de films ou encore des sites internet. Le support change, mais l’attention portée au contenu reste très présente.

Il a aussi créé la Typography Summer School, un programme consacré à la typographie, organisé à Londres et à New York. L’enseignement fait donc partie de son travail au même titre que les commandes du studio.

La typographie comme matière principale

La typographie, c’est simplement la manière de choisir et d’utiliser les lettres et les polices de caractères. Chez Fraser Muggeridge, elle n’arrive pas à la fin pour habiller une image. Elle peut devenir le cœur du projet.

Un mot peut prendre toute la page, une lettre peut devenir presque une forme, un décalage volontaire peut donner tout le rythme d’une affiche. C’est souvent très simple en apparence, mais jamais neutre.

Son travail pour l’album A Bath Full of Ecstasy de Hot Chip en est un bon exemple. Le projet part d’une écriture issue d’un ancien ouvrage consacré au lettrage et d’un travail d’impression qui produit de nombreuses variations de couleurs. On est loin d’un simple habillage graphique ajouté à la fin.

Les livres et l’histoire du graphisme occupent une vraie place

Fraser Muggeridge regarde beaucoup l’histoire du graphisme, les techniques d’impression, les archives et les objets imprimés ordinaires. Pas seulement les références très connues qui circulent déjà partout.

C’est aussi ce qui donne de la profondeur à son travail. Une forme ancienne, un monogramme, une erreur d’impression ou un détail trouvé dans un livre peuvent devenir le point de départ d’un projet contemporain sans donner l’impression d’être rétro.

C’est par ses recommandations que j’ai découvert Monogram Logo, dont je parle aussi dans mes livres de design graphique préférés. Ce type de livre montre surtout à quel point le graphisme a une histoire beaucoup plus large que les tendances visibles sur Instagram ou Pinterest.

Une place laissée à l’accident et à l’imperfection

Le travail du studio n’est pas toujours lisse. Certaines compositions sont volontairement décalées, certaines lettres prennent trop de place, certains procédés d’impression produisent des variations que l’on ne chercherait pas forcément à corriger.

Le projet Crayonograph résume bien cette manière de faire. Plutôt qu’une monographie classique, des années de projets du studio ont été redessinées au crayon avant d’être réunies dans un livre. Le résultat transforme complètement des travaux déjà existants simplement en changeant leur mode de reproduction.

C’est une approche très différente du graphisme parfaitement lisse et contrôlé. La précision est là, mais elle laisse aussi une place à la matière et aux accidents.

Le web fait partie du même langage

Fraser Muggeridge Studio travaille aussi sur des sites internet. Et c’est intéressant parce que le passage à l’écran ne gomme pas complètement ce qui fait la force du travail imprimé.

Les sites restent très liés au texte, aux images et au contenu qu’ils doivent montrer. Ils ne ressemblent pas à une version standardisée du studio. Chaque projet garde son propre rythme, tout en conservant cette attention aux proportions, aux lettres et à la structure.

Une signature graphique n’oblige pas à répéter la même chose

Le travail de Fraser Muggeridge est reconnaissable. Et c’est justement ce qui en fait une signature.

Être reconnaissable ne veut pas dire utiliser exactement la même police, la même couleur ou la même mise en page à chaque projet. Une signature peut venir d’une façon de composer, de choisir les références, de traiter les textes ou de regarder les détails.

C’est aussi ce qui permet à un studio d’avoir une vraie présence tout en laissant chaque commande exister pour elle-même.

Pourquoi Fraser Muggeridge est une référence à Londres

Sa place dans le graphisme londonien tient autant à la durée de son travail qu’à sa capacité à relier édition, culture, typographie, enseignement, impression et web. Il ne suit pas simplement une esthétique londonienne du moment. Il participe à une culture graphique beaucoup plus large, nourrie par les livres, les institutions, les artistes et l’histoire du design britannique.

Pour quelqu’un qui s’intéresse au graphisme contemporain à Londres, son travail est donc une très bonne porte d’entrée. Pas parce qu’il faudrait l’imiter, mais parce qu’il montre comment une pratique peut devenir identifiable avec le temps sans se réduire à une formule répétée.

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