David Armstrong et Maria Lassnig : les expositions vues à LUMA Arles

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Portrait photographique en noir et blanc présenté dans l’exposition David Armstrong à LUMA Arles

Hello tout le monde ! Lors de notre dimanche à LUMA Arles avec Greg, nous avons commencé par l’exposition consacrée à David Armstrong, avant de découvrir les archives de Maria Lassnig. Deux artistes très différents, réunis dans la même visite : chez Armstrong, des visages en noir et blanc, photographiés au plus près de son entourage ; chez Lassnig, des corps déformés par les sensations, la peinture et une manière très personnelle de se représenter.

David Armstrong, au plus près de ses modèles

David Armstrong a photographié ses amis, des artistes et toute une génération liée à la scène américaine des années 1970 à 1990. Il est souvent associé à la Boston School, aux côtés notamment de Nan Goldin, Philip-Lorca diCorcia ou Mark Morrisroe. Cette proximité se voit immédiatement dans les portraits : les modèles ne sont pas là pour tenir une pose impeccable. Certains regardent ailleurs, fument, gardent leur chien dans les bras ou semblent avoir été photographiés au milieu d’une conversation. On sent qu’Armstrong connaît les personnes devant son appareil, et c’est précisément ce qui donne aux images leur naturel.

J’ai particulièrement aimé les planches-contact. Elles montrent tout ce qui précède la photographie finalement retenue : un mouvement qui change, un regard qui se détourne, plusieurs images presque identiques qui ne racontent pourtant pas tout à fait la même chose. C’est une partie du travail que l’on voit rarement une fois la photo publiée, alors qu’elle dit beaucoup de la relation entre le photographe et son modèle.

La scénographie était très sombre, avec des tirages et des écrans qui apparaissaient dans la pénombre. Ce choix convenait bien aux photographies sans chercher à en rajouter. Il fallait s’approcher pour regarder les visages et les détails, puis reprendre un peu de distance pour voir comment les images dialoguaient entre elles. L’exposition donnait autant à voir le résultat que la manière dont Armstrong construisait ses portraits.

Maria Lassnig, peindre ce que le corps ressent

Le passage à Maria Lassnig était assez radical. Après les photographies très directes d’Armstrong, je me suis retrouvée devant des corps aux proportions étranges, des visages qui basculent parfois vers l’animal et des couleurs qui ne cherchent pas à rendre les figures plus aimables. Je ne connaissais pas suffisamment son travail pour comprendre immédiatement ce que je regardais. Lassnig ne peignait pas le corps tel qu’il apparaît de l’extérieur, mais à partir des sensations qu’elle en avait : les zones de tension, de poids ou d’inconfort pouvaient prendre toute la place, tandis que le reste disparaissait.

Une fois cette idée comprise, les tableaux deviennent beaucoup plus lisibles. Les déformations ne sont pas gratuites et les couleurs ne servent pas uniquement à rendre la toile spectaculaire. Elles traduisent une perception intérieure, parfois drôle, parfois assez brutale. C’est aussi ce qui rend ses autoportraits si particuliers : elle ne cherche pas à se présenter sous un angle flatteur, mais à montrer une présence physique avec ce qu’elle peut avoir d’instable.

Les archives présentées autour des œuvres m’ont aidée à entrer dans son travail. Les lettres, les entretiens, les reproductions et la chronologie permettaient de suivre ses déplacements et l’évolution de sa peinture sur plusieurs décennies. L’exposition ne réduisait pas Maria Lassnig à quelques tableaux impressionnants ; elle montrait aussi une artiste qui a travaillé très longtemps avant d’obtenir la reconnaissance que son œuvre connaît aujourd’hui.

Deux regards sur le corps

En sortant, c’est le contraste entre les deux expositions que j’ai retenu. Armstrong part des personnes qui l’entourent et de ce qu’il observe devant lui. Lassnig fait presque le chemin inverse : elle part de ce qui se passe à l’intérieur du corps pour décider de ce qui apparaîtra sur la toile. Chez l’un comme chez l’autre, le portrait n’est jamais une simple ressemblance. Il raconte une relation, un état ou une façon de se percevoir.

Cette visite faisait partie de notre première journée à LUMA, entre le parc, le déjeuner et les expositions. J’ai raconté cette journée dans mon article consacré à LUMA Arles. Et comme je ne quitte presque jamais ce genre de lieu sans passer par les rayons de livres, vous pouvez aussi retrouver les quatre ouvrages que j’ai achetés à la librairie de LUMA.

PAR
Tamara
Chaudesaigues

Bienvenue ! Moi, c’est Tamara, webdesigner et fondatrice de Minuit d’Orsay à Paris. Sur ce blog, je partage mes looks, les produits de beauté que j’utilise, mes découvertes et les adresses où je retourne. Il y a aussi mes photographies, les expositions que je visite, mes voyages — souvent à Londres — et les projets qui occupent mes journées. Le design et le tatouage font partie de mon parcours et de ce que je raconte ici. Vous trouverez mes avis, mes essais et les détails que j’ai envie de garder et de partager avec vous.

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