Il fallait forcément que je consacre un article à la librairie de LUMA Arles. Les livres d’art et de design sont mon péché mignon, surtout lorsqu’ils ont des couvertures très graphiques, de la couleur et une typographie qui prend toute la place.
Mon problème, dans une librairie comme celle-ci, c’est que je trouve presque tout intéressant. Je peux passer d’un livre de photographie à une revue indépendante, puis revenir sur un ouvrage uniquement parce que sa tranche est jaune. C’est très sérieux comme méthode de sélection. J’avais déjà fait exactement la même chose dans la boutique de la Tate Modern à Londres.


Des livres que j’ai envie de regarder avant de les lire
J’achète souvent trois ou quatre livres lorsque je tombe sur une sélection comme celle-ci. J’essaie tout de même de me demander s’ils vont vraiment me servir, sinon je finirais avec une librairie entière et plus aucune place pour m’asseoir.
Je ne cherche pas uniquement des livres remplis de belles images. Ce qui m’intéresse, c’est aussi la manière dont ils sont fabriqués : la couverture, le papier, la grille, la taille du texte, l’ordre des pages et les changements de rythme. Certains livres expliquent beaucoup avec très peu de mots ; d’autres utilisent la typographie presque comme une image. C’est aussi ce que j’aime dans le travail du graphiste Fraser Muggeridge.


Pourquoi ils finissent sur mon bureau
Je reviens souvent à ces ouvrages lorsque je travaille sur l’édition ou la direction artistique d’un projet avec Minuit d’Orsay. Je ne cherche pas à reproduire une page ou une couverture. Je regarde plutôt comment quelqu’un a résolu un problème : donner de la place à une image, rendre un titre très présent ou faire tenir beaucoup d’informations sans tout écraser.
Une couleur ou une mise en page peut devenir le début d’une piste complètement différente pour un site. C’est pour ça que je veux que les livres que j’achète servent réellement. Ils sont beaux sur une étagère, oui, mais ils sont encore mieux ouverts au milieu de mon bureau avec des post-it qui dépassent partout.
La librairie comme dernière salle de l’exposition
Après avoir vu les expositions David Armstrong et Maria Lassnig, retrouver des livres consacrés à la photographie, à l’art et à l’édition prolongeait assez naturellement la visite. Je n’avais pas l’impression de sortir brutalement par une boutique de souvenirs. Je pouvais continuer à regarder, mais à mon rythme, en choisissant ce que j’avais envie de rapporter avec moi.
Si vous voulez voir le reste de cette journée, j’ai raconté ici notre dimanche à LUMA Arles, du déjeuner au Drum Café jusqu’aux expositions.
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