Une image forte sur le haut du bras
La partie haute du bras est dédiée à Madame Boucard, une œuvre de Tamara de Lempicka.
C’est une peinture forte, évidente, qui se reconnaît immédiatement. Un regard, une posture, une présence très nette. Exactement ce que j’attends d’un tatouage : qu’on le voie de loin et qu’on sache ce que c’est, sans avoir besoin d’explication.
Un tatouage doit tenir visuellement. Il doit s’imposer sur la peau comme l’œuvre s’impose sur la toile.
Un projet que je voulais vraiment tatouer
Ce projet, je l’avais depuis longtemps. À la base, c’était l’un de mes premiers tatouages réalisés sur peau synthétique. Ce n’était pas une demande, ni un projet pensé pour être vendu. Je voulais simplement le tatouer sur quelqu’un. Pour moi. Pour voir ce que cette image pouvait donner réellement sur un bras, à l’échelle du corps.
Puis Margot m’a écrit. Une cliente, qui est devenue une amie avec le temps. Elle m’a dit qu’elle aimait beaucoup ce projet, qu’il lui parlait. Elle est venue au studio pour le réaliser.
Quand le tatouage prend une autre dimension
Pendant la séance, elle m’a dit quelque chose qui m’a marquée :
"Tu sais ce qui est fou ? Ma mère a reproduit ce tableau en peinture."
À ce moment-là, tout s’est aligné. Sans l’avoir prévu, sans l’avoir cherché. Ce tatouage que je voulais faire presque pour moi s’est retrouvé connecté à son histoire, à sa famille. L’image n’était plus seulement esthétique, elle devenait personnelle.
C’est ce genre de moment qui donne du sens à ce métier. Un tatouage n’est pas juste une image posée sur une peau. Il s’inscrit dans une histoire.
Adapter l’œuvre au corps
Le dessin n’a pas été modifié. L’œuvre est restée fidèle. Le vrai travail s’est fait dans la composition sur le bras : trouver le bon placement, la bonne échelle, faire en sorte que l’image fonctionne avec le mouvement, qu’elle reste lisible et qu’elle garde sa force avec le temps.
Tatouer une œuvre connue demande précision et retenue. Il faut respecter l’image tout en l’adaptant au corps. Un bras n’est pas une surface plane. Il y a le volume, la tension du muscle, la rotation naturelle.
C’est là que le tatouage devient un travail d’équilibre.
Une pièce qui compte
Ce projet inspiré de Tamara de Lempicka, et en particulier Madame Boucard, fait partie de ceux qui comptent vraiment pour moi. Pas pour ce qu’il montre, mais pour la raison pour laquelle il existe.
Certaines pièces marquent un parcours. Celle-ci en fait partie.
Suite du projet dans cet article : Tatouage autour de Tamara de Lempicka : un projet qui a trouvé sa place.

