Pourquoi un paon?
J’aime les paons depuis longtemps. J’aime leur prestance, leur façon d’être là. Ils savent qu’ils plaisent, ils n’ont rien à prouver. Ils prennent leur place, naturellement.
Leurs couleurs sont magnifiques, profondes, imposantes, et en même temps il y a quelque chose de très doux chez eux. C’est fort, mais jamais agressif. C’est beau, sensible, féminin. Et pour moi, ça ne pouvait pas être autre chose qu’un dos.
Le projet commence
J’avais dessiné ce paon en couleur, pensé dès le départ pour une grande surface, et je l’ai posté sur Instagram, en espérant un jour le réaliser en tatouage.
Un jour, un mec a commenté la publication en identifiant sa sœur en disant : "c’est pas ce que tu voulais faire ?" Et en fait si, c’était exactement ça.
On a échangé directement via les réseaux. Très simplement. Le projet était clair : un paon, en couleur, sur le dos. On a très vite fixé des dates pour les rendez-vous. Il n’y a pas eu besoin de longs discours, on savait toutes les deux que ce serait un projet important.
Quarante heures à deux
On a commencé peu de temps après. Au total, on a passé environ quarante heures dessus.
Quarante heures, ça veut dire des séances longues, parfois éprouvantes. Des moments où ça fait vraiment mal. D’autres où on discute, où on rigole, on se raconte des anecdotes. Malgré la douleur et la fatigue, elle est toujours revenue. À chaque fois. Et ça, c’est essentiel dans ce genre de projet.
Construire séance après séance
Ce type de pièce se construit à deux. Il faut accompagner, encourager, ajuster, parfois ralentir, parfois pousser un peu, toujours écouter.
La couleur a pris sa place. Les plumes se sont ouvertes progressivement. Le dos s’est construit dans le temps, sans précipitation. Il fallait que l’ensemble reste lisible, que le tatouage fonctionne de loin, qu’il vive sur le corps.
Le moment où tout prend sens
À un moment, on a présenté le projet à la convention de Vaison-la-Romaine, au Vaison Ink Festival. Elle a défilé avec ce dos.
Et là, tout prenait sens. Le tatouage n’était plus seulement un projet en cours. Il était porté, assumé, pleinement visible.
Pourquoi ce projet compte
Au final, ce paon n’est pas un symbole compliqué ni un concept. C’est une histoire partagée. Quarante heures de travail, de douleur parfois, de moments plus légers aussi.
Et cette satisfaction très simple quand tu regardes le dos terminé et que tu sais que ça valait le coup.
C’est exactement pour ça que j’aime faire ce genre de projets.



