Un projet qui existait déjà
Ce projet existait avant d'exister sur une peau.
C'était un dessin en couleur, inspiré de l'Art Nouveau, pensé dès le départ pour un dos. Je l'ai posté en story sur Instagram, simplement, comme une proposition lancée. En me disant que personne ne le ferait. Parce que un dos c'est énorme, c'est en couleur, et l'Art Nouveau ça plaît ou ça ne plaît pas.
Puis Camille m'a écrit.
On se connaissait déjà, je l'avais déjà tatouée. Elle m'a dit qu'elle adorait le projet. En échangeant, une évidence s'est imposée : elle n'avait rien dans le dos. Je lui ai dit : "Mais attends, t'as rien dans le dos toi, non ?"
À partir de là, le projet a pris une toute autre dimension. La semaine d'après, on a attaqué.

Quand l'idée devient réelle
C'est souvent comme ça que naissent les grosses pièces. Sans plan précis. Une idée, la bonne personne, et tout s'enclenche.
Au début, il y a cette énergie particulière. Tu imagines la pièce, l'impact visuel, la force que ça peut avoir. Et puis arrive le moment où tu te retrouves réellement face au dos. Là, en vrai. Je n'avais jamais travaillé la couleur sur une surface aussi grande. Je la sentais, je l'aimais, mais je ne la maîtrisais pas encore totalement. Et pourtant, j'avais tout un dos à faire vivre en couleur.
À ce moment-là, je me suis dit : mais dans quoi tu t'embarques ?
C'est précisément ce genre de moment qui fait avancer. Tu peux choisir de rester dans ce que tu connais, ou accepter le défi. Il n'y a pas eu d'hésitation très longtemps.
La couleur comme prise de position
La couleur sur un dos, c'est spectaculaire. Ça claque immédiatement. Quand ça fonctionne, tu le vois tout de suite. La pièce s'impose, elle accroche le regard, elle se reconnaît. C'est ce que je voulais pour ce projet : quelque chose de fort, de lisible, qui existe vraiment sur le corps.
L'Art Nouveau comme structure

L'Art Nouveau s'est imposé naturellement. Pour ses courbes, son mouvement, sa façon de faire circuler le regard sur une surface entière. Ce n'est pas une esthétique sage. C'est précis, construit, exigeant. Chaque ligne compte, chaque couleur doit trouver sa place. Sur un dos, cette construction devient essentielle. C'est aussi ce que j'explore dans mon approche d'Alphonse Mucha, cette même logique de composition qui suit le corps plutôt que de s'y poser.
Une fondation
Ce premier dos n'est pas juste une grande pièce de plus. C'est un moment où tu comprends que tu peux aller plus loin, à condition d'accepter de te confronter à plus grand que toi.
C'est aussi ce qui a mené au dos de Camille dans La Provence, et aux projets qui ont suivi.
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C'est un projet qui couvre l'intégralité du dos, du bas des omoplates jusqu'aux reins, parfois plus. C'est l'une des surfaces les plus grandes et les plus exigeantes à tatouer.
Non. C'était une première. Une grande surface, de la couleur, l'Art Nouveau, tout en même temps. C'est ce qui en fait un projet fondateur.
Progressivement. La couleur sur un dos se construit au fur et à mesure des séances. L'enjeu c'est de maintenir l'équilibre entre les zones, de ne pas perdre la légèreté en cherchant la profondeur. Ça ne s'improvise pas.
Oui. Un journaliste l'avait repéré sur Instagram et l'a sélectionné pour un article sur les idées cadeaux de fin d'année dans l'édition Vaucluse. C'est d'ailleurs ce projet qui m'a valu ma première mention dans la presse régionale.
Oui, c'est même devenu une spécialité. Dos complets, bras complets, grands projets en couleur, chez Graphicaderme à Avignon et Chaudes-Aigues et en guest à Londres. Pour en parler, c'est par ici.