Un endroit où tout paraît évident
Il y a des endroits où je me sens bien immédiatement, sans avoir besoin de chercher une explication. Je rentre, je regarde autour de moi, et tout paraît évident. L’Hôtel Amour fait partie de ces lieux-là. Ce n’est pas minimaliste, ce n’est pas épuré, et ce n’est certainement pas silencieux visuellement. Il y a de la couleur, des livres, des tableaux, des objets un peu partout, et pourtant l’ensemble fonctionne parfaitement.

Les lieux qui nous ressemblent
Je pense qu’on aime souvent les lieux qui nous ressemblent ou qui nous rappellent là où on a grandi. Chez moi, il y a toujours eu beaucoup de choses. On était une grande famille, donc forcément ça vivait, ça circulait, ça s’accumulait.
Il y avait des livres, des cadres, des objets chinés, des CD, des vinyles. Rien n’était parfaitement aligné, et parfois c’était un peu le bazar, mais c’était un bazar organisé, un désordre qui avait du sens. Ce n’était pas un décor pensé pour être parfait, c’était un lieu avec une âme, puis c'était ma maison, mon repère.

Une densité qui tient
À l’Hôtel Amour, je retrouve cette même sensation. Ce n’est pas une mise en scène froide, comme on peut souvent le voir dans les catalogues. C’est un univers. À un moment donné, j'ai eu l'impression que tout le monde avait le même intérieur, froid, vide, sans identité.
Ici, les objets semblent avoir été choisis parce qu’ils comptent, pas pour remplir un espace vide. Il y a une cohérence dans cette densité. On sent une intention, même si elle n’est jamais expliquée.
On croit parfois qu’il suffit de trouver le bon canapé ou le bon décor pour que tout soit enfin réglé. Mais un lieu vivant ne se commande pas. Il se crée petit à petit, avec ce qu’on aime vraiment.
Forcément, ça résonne avec ma manière de voir les choses. J’aime quand il y a de la matière, quand les éléments dialoguent entre eux, quand rien n’est là par hasard. Une image, pour moi, fonctionne un peu comme un lieu : elle doit avoir une ambiance, une direction, une identité claire. On peut accumuler des références, des détails, des couches, à condition que tout tienne ensemble.

Ce que ça révèle
Mon univers vient de là. De ces pièces pleines de vie, de ces murs habités, de ces objets qui racontent quelque chose sans avoir besoin de l’expliquer. Je ne cherche pas le vide pour faire joli, je cherche une atmosphère. Et quand une atmosphère est juste, on le sent immédiatement.
Au fond, ce que j’aime dans ces lieux, c’est leur assurance tranquille. Ils ne cherchent pas à se rendre acceptables. Ils existent, avec leurs choix, leurs excès, leur équilibre. Cette liberté-là m’inspire profondément.








